IMPRESSIONS INDIENNES
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PHILIPPE STIMARIDIS PHOTOGRAPHIES
:: Retour :: Accueil Retour "Voyage à MYSORE" Parutions Achat du livreLes photos présentées ont été réalisées en Inde lors d'un séjour en décembre 2004. J'ai été accueilli par une ONG (ENEDSA). Cette ONG intervient au sein d'un bidonville dans la banlieue proche de Mysore, dans le Sud de l'Inde. Pour mon deuxième séjour en Inde, mon projet était d'aller à la rencontre des habitants d'un même lieu. Ce projet avait mûri au fur et à mesure, après de longues années. Je pense que l'on ne construit pas un reportage ou un livre par hasard. « Les minorités » m'ayant toujours intéressées, c'est avec cet objectif que je suis parti, avec une idée, une vague trame sans projet précis. Au départ je ne souhaitais pas trop encadrer ce projet pour laisser une place à la spontanéité, à la découverte. Cela est à relier à ce que je suis. Au fil du temps, mon parcours m'a conduit à approfondir ma connaissance et développer mon intérêt pour certains aspects de la vie quotidienne des personnes rencontrées. Ma formation initiale d'éducateur spécialisé m'a amené à m'orienter vers l'étude des comportements humains à travers la sociologie et l'anthropologie. Tout naturellement la photographie a été un outil qui a constitué le prolongement de ce travail. Ces formations m'ont beaucoup apporté pour aborder la photographie. Tout cela est intimement lié, l'un n'allant pas sans l'autre. Mon intérêt pour la photographie rejoint le désir profond d'aller à la rencontre des cultures. En partant en Inde, mon souhait était de prolonger ma réflexion avec un fil conducteur : une enquête réalisée sur le terrain. Ce terrain, objet de multiples analyses, repose sur l'observation des comportements humains et la curiosité des autres. C'est cette relation à l'autre qui m'a attirée, qui m'a séduit. Ce voyage n'était donc pas un séjour touristique ou utile mais un désir de partage et de rencontres, de témoignages probablement aussi, celui de rapprocher les gens mais surtout, de s'approcher d'eux. C'était l'idée de vivre certains moments de la vie quotidienne, d'être avec et au milieu des autres, d'aller à leur rencontre. C'était tout à la fois, être acteur et s'impliquer dans le réel, avec ma vision personnelle. Tout cela était important pour moi. Prendre le temps d'observer, de regarder, d'engager quelque chose de l'ordre de l'intime tout en restant en retrait dès que cela s'impose. Savoir rester discret, pudique et réservé quand la situation le nécessite et laisser l'autre décider. Il faut en effet prendre du temps pour s'intégrer et se faire accepter par l'autre, pour inciter simplement son invitation et se faire adopter. C'est ainsi que j'ai pu pousser la porte de certaines maisons après y avoir été convié. C'est cela l'Inde, ses contrastes, ses paradoxes. J'ai rencontré des situations colorées, étonnantes qui tranchent, des personnes d'une beauté singulière au maintien réservé. J'y ai appris la multitude de couleurs et les saveurs de la sensibilité et cette lumière blanche qui illumine tout. C'est également un endroit privilégié pour l'égarement et la solitude. On peut s'y sentir seul, malgré le milliard d'habitants, et se retrouver. C'est là tout le paradoxe de ce pays. Voyager c'est s'oublier. On s'efface et plus on avance plus l'espace s'ouvre. C'est un retour sur soi.